Aller au contenu principal
Fermer

Fifa, investisseurs privés et milliards de la Coupe du Monde : ce qu'il faut savoir du projet explosif de Gianni Infantino
information fournie par Boursorama avec Media Services 30/07/2026 à 15:42
Ajoutez Boursorama à vos sources préférées

Création d'une société commerciale, arrivée d'investissements privés, une manne de 10 milliards de dollars pour financer le développement du football: depuis mardi, le plan de la FIFA visant à augmenter les revenus des acteurs du foot agite et divise.

Gianni Infantino, à East Rutherford, New Jersey, le 19 juillet 2026 ( GETTY IMAGES NORTH AMERICA / FLORENCIA TAN JUN )

Gianni Infantino, à East Rutherford, New Jersey, le 19 juillet 2026 ( GETTY IMAGES NORTH AMERICA / FLORENCIA TAN JUN )

Que prévoit le projet de la Fifa ?

Le projet de la Fifa prévoit la création d'une société, la Fifa Forward Enterprise (FFE), chargée de gérer ses activités commerciales (diffusion, sponsoring, billetterie, octroi de licences) et événementielles (Coupe du monde, Coupe du monde des clubs, etc.). L'objectif: porter à 10 milliards de dollars le financement du développement du football dans les quatre prochaines années.

Des investisseurs privés pourront posséder des parts de la FFE, mais resteront minoritaires, a promis l'instance, qui veut lever jusqu'à 4,2 milliards de dollars, sur la base d'une valorisation de la future entreprise évaluée à 20 milliards de dollars, soit une participation extérieure d'un peu plus de 20%.

La Fifa assure qu'elle conservera le contrôle exclusif de cette société ainsi que "l'autorité exclusive" sur la gouvernance du football, les compétitions, le calendrier, les décisions réglementaires...

Si le projet voit le jour, chacune des 211 fédérations pourrait recevoir une enveloppe exceptionnelle de 20 millions de dollars début 2027 et verra passer sa dotation sur la période 2027-2030 de 8 à 20 millions de dollars .

Quels sont les arguments de la Fifa ?

Mercredi, le président de la Fifa Gianni Infantino a défendu le projet présenté la veille y voyant "une occasion en or de dynamiser le développement du sport à l'échelle mondiale", estimant qu"'une part trop faible de la valeur commerciale croissante du football revient aux acteurs de ce sport qui en ont le plus besoin".

"C'est une opportunité, mais pas une obligation" qui s'inscrit "dans le cadre d'un processus démocratique", a-t-il déclaré. Selon lui, ce projet constitue une "étape logique" de l'évolution de la Fifa et permettra de renforcer le développement du football "aux quatre coins du monde, tant pour le football masculin que féminin".

"Nous souhaitons contribuer à faire émerger les prochains Cap-Vert", a assuré Infantino, en référence à la sélection du petit État insulaire d'Afrique qui a atteint les 16es de finale du dernier Mondial pour sa première participation.

"Une part plus importante des recettes reversée aux fédérations membres signifie davantage d'investissements dans de meilleurs terrains, des équipes nationales plus performantes et davantage de parcours pour les jeunes filles et les jeunes garçons partout dans le monde", a assuré Infantino, ajoutant que la Fifa continuera de régir le football "sans aucune ingérence extérieure".

Qui s'oppose à ce projet ?

La principale opposition vient de l'UEFA, la puissante confédération européenne, qui y voit nouvel exemple de marchandisation du sport, sur fond de soupçons de conflit d'intérêts.

"La Fifa ne peut pas continuer à utiliser notre sport pour s'enrichir elle-même et ses amis" a cinglé mercredi l'instance après des échanges entre ses membres.

Une critique qui semble viser la participation du fonds d'investissement Thrive Eternal, créé par Joshua Kushner, le frère de Jared, gendre de Donald Trump, alors qu'Infantino a régulièrement affiché sa proximité avec le président américain avant et pendant le Mondial-2026.

Mais si l'UEFA, souvent critique de la Fifa, a été rejointe par ses principales fédérations (Angleterre, Allemagne, France...), l'Union Européenne, l'association des clubs européens ou le syndicat de joueurs pro Fifpro Europe, d'autres confédérations se sont montrées plus prudentes.

Les confédérations nord-américaine (Concacaf) et asiatique (AFC) ont ainsi regretté que ce projet ait été rendu public sans que leurs membres ne soient consultés auparavant, sans se prononcer sur le fond.

La Confédération africaine de football a elle appelé ses associations membres à "examiner" et à "évaluer" le projet, se disant "engagée à poursuivre les consultations (...) afin de soutenir l'augmentation des ressources financières destinées au développement et à la croissance du football en Afrique et dans le monde".

Quel calendrier ?

La Fifa explique qu'elle ne lancera ce projet "que si la majorité des associations membres décide de le soutenir, et que si le Conseil de la Fifa approuve les mises à jour règlementaires" qu'il nécessiterait pour créer la FFE.

La date à laquelle se prononcerait le Conseil de la Fifa, le principal organe décisionnel de l'instance, n'est pas encore connue, mais les fédérations ont elles jusqu'au 19 septembre pour se prononcer, selon une lettre du président de la Fifa aux 211 fédérations révélée par plusieurs médias.

D'après Sky News , qui a consulté un document de présentation de la Fifa, le projet est déjà bien avancé, avec des investisseurs prêts à transférer les fonds à hauteur de 4,2 milliards de dollars dès le mois d'octobre.

Ce calendrier très court s'explique aussi par les échéances électorales à venir pour Gianni Infantino, en course pour sa réélection au mois de mars 2027. Un scrutin dont il est pour l'instant le seul candidat déclaré.

Le bras de fer engagé avec l'UEFA pourrait relancer l'hypothèse d'un candidat poussé par l'instance européenne afin de tenter de barrer la route d'Infantino, qui conserve cependant de nombreux soutiens, notamment dans les confédérations asiatiques ou africaines.

6 commentaires

  • 17:43

    Fameux coup de boule ce projet...............


Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

Pages les plus populaires